Joyeux anniversaire Lou Anne

Joyeux anniversaire Lou Anne
Joyeux anniversaire Lou Anne


Et oui, deux ans déjà depuis ce fameux 4 juillet 2007 où tu as ouvert les yeux, bougé tes petites menottes, poussé ton premier cri. Nous étions tous là, émerveillés et joyeux. Tout le monde voulait te prendre, te serrer dans leurs bras, te photographier. Il n'y en avait qu'un petit morceau pour chacun, si petite, si fragile, papa versait quelques larmes mes des larmes de bonheur. Lou Anne tu nous as apporté cette fraîcheur.
Au fil des mois, des jours tu es devenue notre Petite Princesse et même notre coquinette. Tes premiers pas, tes premiers mots, tes premières bêtises qui nous font tant rire et tes premières imitations...
De nos jours tu allumes la télé, le ventilo, l'ordinateur waouh ! Et j'en oublie.
Tu peux jouer, sauter faire toutes sortes de choses et t'amuser autant que tu le voudras puisque c'est ta fête !
Avoir un an, c'est très amusant, mais en avoir deux, c'est encore mieux...
Alors, profites-en deux fois plus.... De la Bretagne au Sud on t'adore... Gros bisous


Joyeux anniversaire Lou Anne
# Posté le samedi 04 juillet 2009 03:35

Un 14 Juillet sans feu d'artifice

Un 14 Juillet sans feu d’artifice
Un 14 Juillet sans feu d'artifice

Dans un coin perdu de montagne, un tout petit savoyard... Ces paroles, la famille Robin les connaisse depuis des années, oui depuis qu'ils se sont installés à Samoëns. C'est un authentique village de Savoie, très typique, qui a un passé, une histoire. Ce n'est pas une station bétonnée, mais un village avec une église coiffée d'un clocher à bulbe, une place avec une fontaine et un vieux tilleul, une halle aux grains. Un village de 2300 âmes, classé "pays d'Art et d'Histoire" par les "Monuments historiques", grâce à ses tailleurs de pierre. Ils ont construit les maisons et gravé des sculptures sur les linteaux des portes. Un gros tilleul trône sur la place depuis 562 ans, ses racines s'étendent jusqu'aux caves des boutiques voisines. Le mercredi, se tient le marché, sous la halle aux grains. On y trouve de nombreuses spécialités locales : saucissons variés, jambons, fromages... Pour rien au monde Juliette et ses deux enfants Pauline et Samuel ne manqueraient ce jour de marché où il fait bon flâner entre les étalages, discuter avec des amis, faire le plein de fruits, de légumes, de denrées alimentaires. Pauline n'a que huit ans, mais déjà elle assume avec un grand sérieux ses responsabilités et pas n'importe lesquelles, celles d'aider son frère Samuel. Oui même si Samuel a dix-sept ans, il s'est retrouvé un jour dans un fauteuil et depuis il doit dépendre de sa famille et Pauline l'a bien compris même si parfois elle jette un regard de feu à tous ces imbéciles qui ont un regard méprisant à l'encontre de son grand-frère.
- A table les enfants, papa est arrivé
- Maman on arrive, hum! ça sent bon le repas... Je fais manger Samuel !
- Alors, les enfants quoi de neuf au marché ? Vous avez cassé votre tirelire ou si maman a vidé sa carte bleue !
- Ni l'un, ni l'autre papa, à part la bouffe il n'y a rien de terrible et puis...
- Et puis quoi ma chérie ?
- Bof rien, à quoi bon en parler, de toute façon ça ne résoudra pas le problème de tous ces ingrats qui se retournent dans la rue... Si je pouvais
- Non Pauline on ne doit pas se faire vengeance et puis tu sais je suis vacciné depuis huit ans, oui huit ans aujourd'hui que je suis dans ce fauteuil, mais grâce à papa, maman et toi petite s½ur je suis encore en vie et je sais que pour vous c'est lourd. Je t'en supplie Pauline, pense à toi, tu es trop jeune pour te conduire comme une maman, je t'aime très fort...
- Moi aussi je t'aime Samuel, je te jure on se battra contre cette injustice, je répondrais toujours présent, oui Sam je me battrais pour toi et même à l'école...
- Parlons en de l'école Pauline, ce trimestre tu as moins bien travaillé, pourquoi ? Tu as toujours eu de très bonnes notes et là... que se passe-t-il ? Je suis là pour t'aider...
- C'est vrai papa, mais...
- Ne pleure pas ma chérie, que se passe-t-il ?
- Maman et papa aidez-moi, je ne veux plus de cette école, tous les jours on me dit des méchancetés sur Samuel, je ne fais que pleurer et mon prof ferme les yeux...
- Ne t'inquiète pas Pauline ça va s'arrêter, nous allons demander un rendez-vous à la directrice et dès ce soir, cette situation est inadmissible, tu aurais du nous en parler !
- Non papa, j'ai une idée, je vais moi-même rencontrer cette dame !
- Toi Samuel ?...
- Oui moi, je vais lui démontrer qui je suis et j'exigerai non pas des excuses des élèves, mais une discussion avec eux pour leur parler de mon handicap...
- Waouh, mon frère professeur ! c'est génial, ne perdons pas de temps, on va préparer ce discours, ce n'est pas gagné...
Le père des enfants retenait ses larmes et pourtant dans sa vie professionnelle militaire il en voyait des cas désespérés à solutionner. Il avait entière confiance en ses enfants et comme prévu il téléphonait et obtenait cet entretien qui tenait tant à c½ur Samuel. Ces deux jeunes avaient passé des heures à noircir sur des feuilles de cahier le discours, trouver les mots justes sans juger, non simplement faire comprendre que l'handicap n'est pas une fatalité. Première surprise à l'arrivée au lycée... Madame la directrice est là...
- Bonjour à tous, vous me suivez la classe de Pauline est au 2ème étage... Pardon ! Mais... vous ne marchez pas Samuel ? Mince, bon je vais chercher le concierge, il n'y a pas d'ascenseur...
- Ah bon ! et si une personne en fauteuil...
- Ne t'inquiète pas fiston je vais te porter, j'y suis habitué... Vous voyez madame à quel point une personne handicapée a besoin de matériel, elle est confrontée chaque jour à ce type de problème, c'est un trottoir trop haut, un commerce et j'en passe... Comment peut-elle se débrouiller seule si on ne lui en donne pas les moyens ?...
- Vous avez raison Monsieur Robin, entrons dans la classe...
Il régnait un brouhaha indescriptible dans cette classe de 28 élèves et lorsque Samuel entra se fut le silence complet, les élèves étaient debout les yeux bridés sur ce fauteuil. Après quelques recommandations de la Directrice, Samuel pouvait enfin s'exprimer, ses parents étaient assis tout au fond de la classe pour ne pas perturber leurs enfants...
- Bonjour la jeunesse, vous pouvez vous asseoir. Je m'appelle Samuel, j'ai 17 ans et j'adore ma petite soeur Pauline et mes parents. Mais avant de continuer, j'aimerais... Oui, allez-y, défoulez-vous, moquez-vous de moi, de mon handicap... Allez-y redites haut et fort ces mots qui font très mal à Pauline... Allez-y, oui je suis un extraterrestre, un singe... Allez-y non d'un chien... Ne pleure pas ma petite Pauline, tu vois ils sont tous lâches, aucun ne bouge...
- Samuel, au nom de toute la classe PARDON, à toi aussi Pauline, on ne pensait pas que tu en soufrais autant, on disait ça pour rigoler tout simplement, pardon à vous deux.
- Pff, je vous pardonne en espérant que vous reteniez la leçon car n'oubliez jamais que demain toi, ou toi et même toi, tu peux être dans un fauteuil pour la vie...
- Tu es gentil grand frère de pardonner, moi j'attendrais quelques mois ou bien je serais obligé de chercher une autre école et de vous quitter si c'est cela que vous cherchez...
Les élèves baissaient la tête, ils n'osaient plus regarder Pauline, leurs yeux étaient rougis. Quel contraste avec ces mêmes enfants croisés la veille...
- Samuel, je m'appelle David, je voudrais te poser cette question, comment as-tu pu monter deux étages en fauteuil ?
- C'est simple David, comme ton lycée n'est pas adapté en ascenseur mon père a du me porter. Nous sommes confrontés chaque jour à ces problèmes...
- Moi c'est Julien, accepterais-tu de nous parler de ton handicap, depuis quand es-tu dans ce fauteuil ? Comment cela s'est passé... ?
- Merci Julien pour cette question. J'avais neuf ans, j'étais un petit garçon comme vous, plein de vie, je jouais même au football et quel honneur d'en être capitaine... J'avais plein de copains... Puis un jour, oui un quatorze juillet, je prenais Oscar avec moi, oui c'était mon chien, mon compagnon... pour aller faire une petite ballade, il adorait les sorties Oscar... Cette ballade n'a jamais eu lieu, car en sortant de chez moi, nous avons traversé sur le passage pour piéton mais...
La voix de Samuel devenait de plus en plus grave, des larmes coulaient aussi, les élèves ne pouvaient se retenir de pleurer aussi... Le père de Samuel s'approcha pour réconforter son fils et lui demander d'en rester là...
- Non papa j'assume ils ont le droit de savoir ce qui s'est passé ce quatorze juillet, quel feu d'artifice, j'ai vu pleins d'étoiles lorsqu'une voiture lancée à vive allure m'a frappé de plein fouet et m'a projeté à des dizaines de mètres...
- Et Oscar, il est mort Samuel ?
- Non, enfin oui maintenant de vieillesse, ma main a lâché sa laisse et il s'est sauvé pour prévenir mes parents... J'ai su par la suite que tout le monde me croyait mort. Je suis resté des mois dans le coma, personne ne pouvait se prononcer sur ma vie, touché aux cervicales c4c5 avec un pincement de la moelle épinière... je...
- Samuel c'est quoi cervicales ?
- Les vertèbres cervicales sont les vertèbres situées au niveau du cou en arrière du crâne ; elles appartiennent au rachis cervical. Elles sont au nombre de sept dont deux particulières : l'atlas et l'axis. Puis le diagnostic tant redouté est tombé, votre fils Samuel sera tétraplégique...
- C'est quoi Samuel la tétraplé...trépalegi... tétraplégique ?
- C'est un nom très barbare j'en conviens, La tétraplégie est une paralysie des quatre membres. Elle est causée généralement par une lésion de la moelle épinière. Elle est presque toujours accompagnée de troubles. La tétraplégie ne nécessite pas une section de la moelle épinière, une blessure suffit et est fréquente avec une personne qui souffre d'arthrose cervicale, lors d'un accident...
- Samuel si j'ai bien compris, tu fais comment pour manger, t'habiller, te laver ?
- Nous y voilà, j'ai la chance d'avoir des parents merveilleux et ma petite s½ur Pauline qui n'hésite pas à m'aider pour manger par exemple...
- Hé Pauline ! C'est toi qui habilles ton grand frère ? Waouh !!!
- Là, tu fais rire toute la classe, non ce n'est pas Pauline, mes parents s'en chargent. Voilà mon histoire les jeunes, je suis resté six années entre hôpital et rééducation, je n'en voyais pas le bout du tunnel, j'avais envie de tout abandonner, je ne voulais pas être à la charge de mes parents et de Pauline. Pour eux ce 14 juillet restera...
- Tu es très courageux Samuel, comment tu fais pour te servir d'un ordinateur ?
- Les médecins me disaient : « Samuel tu as une force de caractère hors du commun » et cette force m'a permis de surmonter ces nouveaux défis, à commencer par la maîtrise de mon fauteuil roulant motorisé, que je dirige avec son appui-tête. Puis pour me servir de l'ordinateur j'ai également appris à manier le bâton buccal, avec lequel je peux taper sur un clavier d'ordinateur ou de téléphone. Au début, je rageais souvent et j'envoyais valser le bâton, mais j'ai fini par maîtriser la technique... Un jour je vous en ferais une petite démonstration... Je vais vous laisser travailler...
- Nous avons du temps Samuel pourquoi ne ferait-on pas un film avec toi ?
- Waouh ! Géniale ton idée Pat, ou bien contacter la télé, tu en penses quoi Samuel et toi Pauline ? Ça serait un exemple pour les autres écoles...
- On pourrait aussi créer une association...
- Merci à tous pour vos idées, mais ne brûlons pas les étapes, rien n'est gagné, je dois subir encore d'autres opérations pour retrouver un peu de mobilité et essayé aussi de pouvoir reprendre une vie « normale ». Ce sera long, même très, très long... Une question de votre professeur, oui merci je vous écoute...
- Samuel, merci pour cette rencontre très enrichissante et j'espère de tout c½ur que chaque enfant aura bien retenu la leçon. J'ignorai totalement à quel point Pauline était malheureuse, j'y veillerai je te le promets. Alors, ma question, revois-tu souvent la dame qui t'a renversé ce quatorze juillet ?
- A vrai dire je l'ai vu une seule fois, on s'est retrouvé au hasard dans le même resto, nous avons discuté quelques minutes. La justice a fait son travail, je ne demande pas vengeance, non je tente d'oublier pour mieux avancer. Je garde toujours la coupure du journal dans mon portefeuille pour la montrer à ces chauffards, ces criminels de la route qui, pour gagner quelques minutes ignorent totalement que sur nos routes il existe un code... Voilà merci les jeunes, soyez prudents...
Quelle belle leçon de courage, les élèves entouraient Samuel et continuaient à le noyer de questions, lui offraient des friandises, des dessins et puis l'heure des adieux... J'ai choisi d'agir plutôt que de subir et c'est toute la différence, dit-il aux jeunes...


texte de JACKY
# Posté le samedi 13 juin 2009 03:32
Modifié le dimanche 14 juin 2009 03:45

bonjour mes Ami(es)

bonjour mes Ami(es)
Je sais que je suis fort peu présent sur vos blogs et que je laisse peu de coms ces derniers temps mais croyez moi je ne vous oublie pas... J'avoue que même si je suis encore passionné par mon blog, je ne me motive plus autant... C'est comme ça... Dans la vie il y a des moments forts et d'autres plus faibles. Je suis quelqu'un de très sensible, émotif et qui ce fait énormément de soucis dans les moments faibles... C'est comme ça on ne me changera pas, pour moi ma famille, mes ami(es) virtuelles ou réelles comptent énormément. Oui rien n'est pas facile même si je suis conscient ne pas être le seul sur terre. Evidemment on peut se foutre de tout aussi et se dire après moi le déluge mais non, je n'ai jamais su le faire.
Penser à la santé de ma petite s½ur (je suis allé la voir en cure et j'y retourne demain avec Nathalie) et de tout c½ur j'espère qu'un jour on trouvera une solution, mais elle doit garder le moral 24h/24 même si c'est plus facile à dire qu'à faire. Elle est super bien soignée dans cet établissement tout neuf de Dieulefit et les infirmières sont hyper sympas et une d'entre-elle m'a acheté deux livres...
En ce qui concerne les Prud'hommes c'est pour moi une déception terrible et j'y pense tous les jours. J'ai préparé un dossier fabuleux pendant 3 ans avec de nombreux témoignages et par la faute, négligence de la CFDT celui-ci ne pourra pas être transmis aux Prud'hommes et il y a aucun recours possible, c'est comme ça le patron restera toujours le plus fort et moi le pauvre « con » qui aura tout essayé pour prouver l'harcèlement odieux que j'ai subit dans cette boite pendant trente ans.
Evidemment et comment ne pas en parler la solitude quotidienne devient de plus en plus terrible à supporter mais cette solitude est due aussi en partie à mon age et mon handicap et surtout à être malentendant. Entendre mais ne pas tout comprendre !!! Parfois c'est invivable, on vous vente les mérites des derniers appareils auditifs, vous dépenser plus de 3000¤ et résultats négatifs sur toute la ligne et pourtant je suis convaincu que l'appareil fiable doit exister, oui mais bon impossible de débourser de telles sommes tous les ans...
Voilà mes idèles Ami(es), vous avez raison il y a pire que moi et j'en suis conscient car j'en connais réellement et ils sont plus jeunes que moi. J'espère de tout c½ur que vous allez bien, merci pour votre fidélité. Lorsque je serais plus motivé je reviendrais, vous pouvez aussi communiquer par message. Une pensée très forte pour mes lutins : Rémi, Axel, Jules.


Gros bisous à tous, je vous aime

Jacky
# Posté le vendredi 29 mai 2009 06:30

BLOG EN PAUSE..............

Je suis désolé mais je préfère mettre mon blog en pause pour quelques semaines. En ce moment je manque totalement d'inspiration, de confiance ... En vérité je ne crois plus à rien, mais heureusement mes Amies vous n'y êtes pour rien.
Bon dimanche à tous
BLOG EN PAUSE..............
# Posté le dimanche 03 mai 2009 03:17

Je m'en souviens comme si c'était hier.

Je m’en souviens comme si c’était hier.
Je m'en souviens comme si c'était hier.

Je me souviens, je me souviens oui je me souviens comme si c'était hier. Il neigeait sur le Sud-Est, c'était en hiver je m'en souviens comme si c'était hier. Je suis parti à 8h du matin pour ne pas te manquer, tu arrivais de ta belle Normandie à 10h en gare de Valence, je m'en souviens comme si c'était hier... C'était notre première rencontre... notre premier passage du virtuel au réel. C'est vrai que pendant des heures, des mois, des années nous avions tout préparé pour mener à bien ce projet... Je m'en souviens... Oui la veille encore on se parlait, on se voyait, on se chamaillait... Et si... Avec des si on peut... Non, et si mon train ne s'arrête pas tu m'avais écrit... et si ma tante... et si je ne me réveille pas... et si je m'endors dans le train ! Sacré Pascal si tu penses à tout ça tu es scié à l'avance... Je m'en souviens comme si c'était hier... Jackinou tu es un enfoiré ! On dit monsieur enfoiré... Une des nuits les plus longues je dois l'avouer et si... il n'est pas dans le train... et si on ne l'aide pas... et si... putain c'est vrai il est sourd et presque muet... Je m'en souviens comme si c'était hier... Je ne quitte pas des yeux l'énorme horloge du hall de la gare qui tourne à petits pas tic, tac, tic, tac. Les voyageurs affluent de part et d'autre dans un brouhaha. Skis, sacs à dos, valises et d'énormes bagages les vacances de noël sont là... Quelle foire ! Moi qui déteste la foule, je me fais tout petit derrière la porte d'entrée... Là au moins je suis certain de ne pas le louper, mais si... ah ! Non tu ne vas recommencer... A l'approche des dix heures je stresse de plus en plus... Le haut parleur hurle : « attention le train... » Impossible d'entendre la fin, c'est la galère... Des voyageurs descendent, d'autres remontent, mais où vont-ils, que font-ils ?... Je regarde une fois, deux fois, dix fois ma montre, rien à l'horizon... Dix heures cinq, dix heures dix, je panique de plus en plus et si... et si personne ne l'a aidé à descendre du train, il est sourd, presque muet et... putain c'est vrai il a de la peine à marcher... Je recherche de l'aide un agent, quelqu'un pour m'éclairer, me renseigner et même me rassurer mais... oui mais comment foncer dans cette foule lorsque nos jambes sont trop fébriles... Je m'en souviens comme si c'était hier, je suis resté dans mon coin... je ne regardais plus cette horloge, je la haïssais et pourtant elle n'y était pour rien... Soudain, un jeune homme vêtu d'une veste bleue et d'une casquette au logo de la SNCF s'approchait de moi...
- Puis-je vous aider monsieur ?...
- Merci mais... j'attendais un ami de Normandie, il... il devait arriver par TGV de 10h... gare de Valence... Personne...
- Le train est bien arrivé à l'heure, vous ne l'avez pas vu ?
- Non... Et puis on devait l'aider à descendre...
- Donnez moi son nom, je vais le faire appeler à l'accueil...
- Inutile monsieur il est sourd...
- Là, c'est la galère... ne bougez pas... Je reviens...
Pff, je m'en souviens comme si c'était hier, j'ai du attendre...attendre qu'il revienne. La foule devenait moins dense, je m'aventurais lentement pour ne pas chuter... Je me... oui je n'avais pas le choix que de me cramponner à chaque pilier, chaque panneau publicitaire, chaque guichet pour enfin arriver devant l'accueil... Il était là, il discutait, rigolait avec une hôtesse, oui je m'en souviens comme si c'était hier, c'était lui avec sa casquette et veste bleue... Alors monsieur, vous l'avez trouvé ? Vous avez des nouvelles ?... Je n'ai pas eu le temps encore... attendez... Non, laissez je vais me débrouiller... continuez de discutez et même de rigoler ce n'est pas grave... Je continuais à chercher désespérément, je n'y croyais plus pour moi le si... devenait réalité, je devais abandonner... je regagnais la porte de sortie quand soudain le haut parleur se mit à hurler « Jérôme, une personne handicapée t'attend sur le quai, merci... Et si c'était lui qu'on avait oublié sur ce quai ? Mon c½ur battait de plus en plus fort, de nouveau je me cramponnais aux piliers, panneaux publicitaires pour arriver prêt de l'ascenseur. J'ai du attendre quelques secondes et même minutes puis je m'en souviens comme si c'était hier, la porte s'est ouverte et là j'ai vu pour la première fois, assis dans un fauteuil mon ami Pascal... Que de temps perdu ! On se serrait la main très fort... enfin lui ne pouvait pas... L'agent était pressé d'en découler, peut-être n'avait-il pas fini de boire son café ou de discuter ou bien... avait-il honte de pousser ce fauteuil, c'est possible aussi... Je m'en souviens comme si c'était hier... Pascal me regardait d'un air triste... sans sourire... Je le savais, il ne pouvait pas sourire depuis que les chirurgiens... Je lui tendais un message, « tu as fait bon voyage ? » il hochait la tête, comme ci, comme ça... Pas grave, l'essentiel c'est que tu sois bien arrivé... il n'avait rien compris... Quel con j'oubliais déjà sa surdité, alors je lui tendais un autre message, puis deux, trois... et des centaines, et le contact progressait, avançait au point de devenir presque compatible malgré quelques maladresses passagères mais vite excusées... Puis ce moment tant attendu... cette veillée de Noël, pour la première fois tu rencontrais une grande partie de ma famille... Tous voulaient manger à tes côtés pour te parler, mais tu ne pouvais... pardon je n'avais pas eu le temps de leur expliquer. Tes yeux brillaient de mille feux... j'ai cru que tu pleurais... oui tu pleurais mais sans larme... depuis le jour où les chirurgiens... J'essayais tant bien que mal de te couper ta viande, ton pain... je le savais on en avait parlé, oui je m'en souviens comme si c'était hier... tu m'en avais parlé, expliqué, détaillé de cette souffrance, de cette putain de maladie qui pour tes 19 ans t'a volé l'ouï, la parole, les membres... Depuis ce jour là tu n'as plus entendu le chant des oiseaux, tes chanteurs préférés, tes émissions de télé... Depuis ce jour là, tu as compris la vraie valeur de l'amitié... tu t'es retrouvé seul, isolé... tes copains de la FAC ne te connaissaient plus et pourtant tu les voyais passer chaque jour devant ta chambre d'hôpital... Tu ne pouvais pas crier, les appeler, les siffler... non la vie t'avait tout volé... oui tout et même tes parents disparus trop jeunes... Tu me montrais des photos de ta première voiture rouge, de ton vélo de course, de tes skis... oui tu étais un grand champion... Pourquoi toi ? Pourquoi... Je m'en souviens comme si c'était hier des raclés que tu m'as filés au scrabble, parfois je poussais même l'audace à ouvrir le dico pour vérifier... oui et les points tu les additionnais... Noël et les quinze jours ont passé, oui même trop vite et tu devais regagner ta Normandie. Tu serais bien resté des semaines de plus mais mon boulot m'attendait et tu savais que pour moi ce n'était pas du gâteau... oui tu le savais et tu m'encourageais de toutes tes forces, même si la vie te les avait volées, à ne pas baisser les bras et puis se battre contre l'injustice, contre ces putains de boss... Ce lundi, je t'ai aidé à faire ta valise, nous avions le c½ur serré, je t'ai glissé deux bouteilles de vins de chez moi, de l'Hermitage et puis l'heure tournait et à la gare je t'ai raccompagné... Je t'ai glissé le dernier message « ne pas oublier de téléphoner à ton arrivée »... J'ai attendu que l'agent t'installe dans le train pour être sur de ne pas être sur le quai oublié, puis je suis parti... Des images défilaient dans ma tête... on s'était promis d'être amis pour la vie... Je rangeais mon scrabble, peu importe les scores, je le sentais heureux, oui heureux même si il ne pouvait pas le démontrer... la vie lui avait tout volé... La nuit tombait, je restais là à attendre ce coup de téléphone puis des heures... encore des heures et rien. Et si... oui et si... et l'histoire recommençait dans une nuit angoissée... Le matin je suis parti bosser mais les si... revenaient... A midi je me suis connecté et là tu m'as raconté oui raconté comme si c'était hier, que personne n'était venu te chercher à la gare de Rouen et que tu avais du te débrouiller même sans entendre, sans parler à trouver un taxi... Je me souviens, tu en avais gros ce jour là, ta s½ur a tout gâché, oui mais tu n'étais guère surpris... Elle t'aimait mais pas ton handicap, oui tu m'en avais parlé et tu en soufrais... Tu continuais ta petite vie dans ton appartement et puis je m'en souviens comme si c'était hier... tu m'avais invité dans ta Normandie, je m'en souviens encore nous n'arrivions pas ouvrir une boite de conserve... Pas grave le lendemain nous mangions chez ton papy... oui quel cordon bleu malgré ces 87 ans ! C'est vrai, tu m'avais tendu un morceau de papier « ne t'inquiète pas il parle sans arrêt » que du bonheur cette rencontre... Nous avions fait un projet d'écrire un, deux ou plusieurs livres, tu adorais ça et quelle plume, quel talent et puis nous n'avons pas eu le temps... Non pas le temps car un matin de 2004 tu ne t'es pas réveillé, tu es parti rejoindre tes parents et ton frère, tu étais trop jeune, je m'en souviens encore comme si c'était hier, j'ai pleuré, j'ai fermé la boite de scrabble et j'ai écrit mon premier livre en te dédicaçant un long passage... Je m'en souviendrais toujours comme si c'était hier.

TEXTE DE JACKY
# Posté le mercredi 22 avril 2009 09:40